12 mai 2009
Parcs éoliens = dépréciation des biens immobiliers
Jugement du tribunal de grande instance d’ANGERS du 9 avril 2009
Ce jugement peut être consulté et téléchargé sur le site http://www/.ventdubocage.net/
La dissimulation à des acquéreurs éventuels de l’existence d’un projet de parc éolien près d’un bien immobilier à vendre est un dol affectant les qualités substantielles du bien à vendre – Le vendeur a l’obligation d’informer loyalement de lui- même d’un projet éolien les acquéreurs éventuels –Une omission de cette information crée aux acheteurs un préjudice en raison de la perte de valeur du bien immobilier, ce qui justifie des dommages – intérêts correspondant à la dépréciation du bien, ici évaluée à 20% du prix de vente – Plus 5000 euros pour préjudice dû au retard de prise de possession du bien.
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Ce jugement est une nouvelle décision judiciaire très importante, qui confirme la jurisprudence existante sur la dévaluation des biens immobiliers pour cause de voisinage de parcs éoliens, notamment l’arrêt de la cour d’appel de RENNES du 20 septembre 2007 dont le texte est intégralement reproduit sur ce blog http://www.martin22170.canalblog.com/ en date du 12 mai 2009.
Dans le litige de la cour d’appel de Rennes les vendeurs avaient caché aux acquéreurs l’existence d’un projet de parc éolien tout près de la maison à vendre… Cette dissimulation constitue en droit un dol car si l’acquéreur potentiel en avait été informé avant de signer le compromis, il aurait pu décider de renoncer à cette acquisition ou à tout le moins à en exiger un prix inférieur en raison des nuisances sonores et visuelles prévisibles…
La maison était en effet située à 500m de l’éolienne la plus proche, de 115m de hauteur, d’un futur parc et à 1300m de la plus éloignée. Vendue à 145000 € elle a vu son prix de vente réduit par la cour d’appel de 21% soit 30 000 euros en raison de la dépréciation de sa valeur causée par la proximité du parc éolien.
Les professionnels concernés (notaire, agent immobilier) avaient de plus estimé la dévaluation d’un bien riverain d’un parc éolien entre 21 et 46%...
Dans le présent litige devant le TGI d’ANGERS les faits et la décision ont été les suivants.
· 27/10/2005 mise en vente d’une maison à Tigné au sud d’ANGERS, au prix de 270 000 euros.
La maison ne trouve pas acquéreur.
· 15/05/2007 : octroi par le préfet du 49 d’un permis de construire 6 éoliennes de 121 m de hauteur à 1100m de la maison. Ce projet de parc éolien provoque la formation d’une association de défense des habitants, qui distribue des tracts dans les boîtes aux lettres. Il fait l’objet d’une importante publicité dans la commune, d’une procédure d’enquête publique, d’informations dans la presse locale, de réunions d’information de la population qui déclenchent une polémique. Un recours est introduit devant le tribunal administratif contre le PC de ce parc éolien.
· 20/10/2007 : signature du compromis de vente pour un prix de 180 000 euros.
Les acheteurs les époux A apprennent ensuite l’existence de ce projet éolien... Ils demandent aussitôt aux vendeurs une réduction du prix, que ceux- ci refusent.
· 21/10/2008 : assignation des vendeurs par les acquéreurs devant le TGI d’ANGERS en réduction du prix de 20% (36000 €) pour réticence dolosive car les vendeurs avaient omis sciemment d’informer leurs acheteurs de l’existence du projet de parc éolien.
Les acquéreurs assignent également l’agence immobilière d’Angers en intervention forcée pour co- responsabilité et dol avec les vendeurs. Ils refusent de lui payer les 7110 € d’honoraires réclamés.
Les vendeurs forment un appel en garantie contre l’agence immobilière comme étant co-responsables.
Extraits du jugement :
« Le dol peut être invoqué pour conclure seulement à une réduction du prix et pas seulement à une annulation de la vente. »
« Il est certain que les éoliennes seront visibles de la maison d’habitation des époux A même si toute les fenêtres n’auront pas une vue directe sur les éoliennes. En outre il est vraisemblable qu’une pollution sonore existera, l’implantation des éoliennes étant proche du domicile des époux A. »
« La crainte des nuisances sonores et visuelles provoquée par ces éoliennes et l’incertitude quant à leur impact sur la santé ne peut que rendre difficile la vente de tels biens et entraîner une baisse de prix, et ce contrairement aux affirmations de Monsieur C… qui ne reposent que sur la valeur vénale pure de l’immeuble sans prise en compte de l’aspect psychologique des choses dans le comportement des futurs acquéreurs. »
Le tribunal conclut à une perte de valeur de 20% de sa valeur vénale et alloue donc 36000 € de dommages- intérêts à l’acheteur en réparation de cette perte de valeur.
Plus 5000 € de dommages-intérêts pour le préjudice causé par le retard dans la prise de possession de l’immeuble, causé par l’attitude dolosive des vendeurs.
L’appel en garantie des vendeurs auprès de l’agence immobilière est rejeté. Les vendeurs sont condamnés à payer les 7110€ d’honoraires à l’agence immobilière plus 2000 € à celle- ci au titre de l’article 700 CPC.
Les vendeurs sont également condamnés à payer les dépens, frais de publicité foncière aux Hypothèques et 3000 € aux acquéreurs au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
Au total selon ce jugement, la dissimulation dolosive par les vendeurs de l’existence du projet de parc éolien aux acquéreurs leur coûte :
- 36000 € + 5000 + 7110 + 2000 + 3000 = 53 110 € + les dépens !! soit environ 55000 €
Après de telles décisions qui peut encore prétendre comme l’ont fait sans rire le SER et l’industrie éolienne que le voisinage d’un parc éolien n’entraîne aucune dépréciation d’un bien immobilier ??
Contrairement à ce que n’a cessé de prétendre le très puissant et richissime lobby de l'industrie éolienne (ADEME,SER, promoteurs...),le mitage de l’ensemble du territoire français pratiqué depuis le début de l’implantation des parcs éoliens en 2001 entraîne la dépréciation de très nombreux biens immobiliers partout en France.
Et donc un grave préjudice à des milliers de citoyens qui n’avaient rien demandé, et qui se voient contraints d'en demander réparation en justice. Dans le cadre de procès de plus en plus en plus nombreux.
Il faut cesser ce mitage sans délai ! C’est du reste ce que la Circulaire BORLOO du 26 février 2009 enjoint aux préfets de faire. A eux d’en tirer les conséquences pour les permis de construire en instance des parcs qui « miteraient » encore davantage le territoire national.
Il y a déjà eu assez de dégâts commis.
Jean-Paul Martin
Association GoëloEnvironnement
22170- Tréguidel
Commentaires
Le jugement du TGI d'ANGERS est en appel.
Nous devrions avoir des nouvelles en 2010 !
;o)
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